III. France

Le Duché de Savoie et les luttes politiques européennes

Affaiblissement de la Savoie

En 1416, l'empereur Sigismond, en érigeant en duché le comté de Savoie, semblait consolider une ascension politique. Le territoire de la Maison de Savoie, créé autour des cols du Mont-Cenis et des deux Saint-Bernard, touchait au sud à la Méditerranée (Nice), à l'est à la Lombardie (Turin) et à l'ouest à la France (Chambéry et Bourg-en-Bresse). Mais tous les espoirs des comtes n'avaient pu être réalisés: le Dauphiné avait passé à la France en 1343 déjà. De plus, vers la fin du 15e siècle, les Savoie connaissent une crise dynastique: plusieurs princes, souvent mineurs, se succèdent à un rythme rapide.

Les guerres du 16e s. vont contribuer à affaiblir la Savoie. Deux souverains s'affrontent en Europe: l'empereur Charles Quint et François Ier, roi de France. Le duc de Savoie, prince d'Empire, s'est rallié aux Habsbourg (Charles Quint est son beau-frère). Ses voisins, Berne et Fribourg, sont dans l'autre camp; après leur échec à Marignan en 1515, les Suisses ont signé avec François Ier la Paix perpétuelle en 1516 et une alliance militaire et économique en 1521.

Berne et Fribourg rivalisent avec les princes. Genève lutte pour son indépendance

En 1476, Grandson, Montagny, Orbe et Echallens étaient des places fortes administrées par les Bernois et les Fribourgeois, qui avaient aussi lié Lausanne à leur sort par le traité de combourgeoisie de 1525. Berne avait conclu un traité semblable avec la ville de Payerne; depuis 1475, le « gouvernement » d'Aigle était sous sa domination. Quant à la ville de Fribourg, elle possédait des droits sur Avenches, Estavayer, Vuissens, Surpierre, Bulle et Châtel-Saint-Denis. Enfin, sur la rive gauche du Rhône, les Valaisans étaient descendus jusqu'à Saint?Maurice, forçant la Maison de Savoie à reculer.

Enfin, l'obstacle auquel se heurtent les princes de Savoie est Genève. Située au cœur du duché, elle luttait avec une énergie acharnée pour préserver son indépendance et, tout naturellement, avait cherché du secours auprès des seules républiques voisines capables de l'aider, Fribourg et Berne. Mais Fribourg renonce bientôt à la combourgeoisie à cause de la Réforme. Genève, n'obtenant pas d'aide de Berne, est tentée de faire appel au roi de France. Lorsque Berne apprend les préparatifs militaires de François ler, elle se décide, et la campagne de 1536 a pour Vaud les conséquences que l'on sait. Quant à la France, elle occupe la Bresse, le Bugey, la Savoie, le Piémont et le comté de Nice.

Dernières tentatives des ducs de Savoie pour recouvrer leurs possessions

Les deux rives du Léman devinrent suisses. Berne associa à la conquête Fribourgeois et Valaisans, qui avaient envahi la Savoie au dernier moment. Elle céda à Fribourg, pour assurer sa complicité, tout le territoire qui forme l'ouest et le sud du Canton actuel. La frontière de la Broye, avec ses enclaves, est le résultat de ce partage. Berne respecta d'une manière générale les droits acquis par son alliée dans cette région. Les Valaisans élargirent encore leur domaine jusqu'au Léman et atteignirent Evian. 

De 1536 à 1564, les ducs de Savoie tentent de recouvrer leurs possessions. Si Charles II n'y réussit pas, son successeur, Emmanuel-Philibert, plus tenace, ne cesse de réclamer la restitution de ses biens. Soutenu par le fils de Charles Quint, Philippe II d'Espagne, il obtient que la France lui rende ses Etats en 1559, par le traité de paix Cateau-Cambrésis. En 1564, au traité de Lausanne, Berne lui rétrocède le Chablais, la rive sud du Léman et le Pays de Gex. II renonce en échange à tous ses droits sur le Pays de Vaud.

Mais les ducs ne se résigneront pas à cet abandon, doublé de la perte de Genève. Plusieurs coups sont tentés: en 1588, la conjuration du bourgmestre Isbrand Daux; en 1602, l'Escalade sur Genève; au début du 17e siècle, un noble de Nyon projette une nouvelle invasion; en 1774 enfin, Jean-Frédéric Crinsoz de Cottens tente une fois encore l'opération. En vain; le Jura et le Léman, qui limitent depuis 1536 la République de Berne, sont devenus la frontière définitive de la Confédération suisse.

La Savoie fut définitivement cédée à la France, avec Nice, en 1860.

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